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  • "Tu as une figure plus qu'humaine : triste comme l'univers, belle comme le suicide."

    Lautréamont

  • Que Kim Jong-un soit un fou furieux psychopathe, dangereux et haïssable, à la tête d'un régime de tarés, me semble être un fait établi. Mais, pour comprendre ce petit "ressentiment" de la Corée du Nord à l'égard des Etats-Unis, il faut peut-être aussi se souvenir un peu de l'histoire. Qui, ici, a en tête la violence hallucinante des bombardement américains ? En 4 mois plus de 3 millions de litres de Napalm pur - plus qu'au Vietnam - déversés sur la Corée du Nord, 800 tonnes de bombes par jour larguées par les B29. Pyongyang intégralement rasée sous plus de 400 000 bombes américaines, ce qui représente 1 bombe par habitant à l'époque. Les populations civiles ont été systématiquement ciblées avec l'objectif de la maximisation du nombre de victimes. Beaucoup de documents ONU montrent qu'en plus du napalm, l'aviation américaine a utilisé des armes chimiques et bactériologiques pour provoquer la famine à grande échelle des populations civiles et la destruction durable des sols agraires. Toute végétation a été éradiquée sur des millions d'hectares.
    Evidemment, ceci eut lieu dans un passé lointain (10 ans après la seconde guerre mondiale) mais pour ceux qui se demandent pourquoi les Nord Coréens n'ont pas une bonne image spontanée des gentils US, c'est bien se s'en souvenir.

  • “Il n’est de vérité que dans le mensonge avéré des étoiles”

    Ossip Mandelstam

  • Les 7 merveilles du monde sont : sentir, voir, toucher, gouter, entendre, rire et aimer...

  • « Aucune matière ne peut être intelligible sans ombre et lumière. Ombre et lumière sont issues de la lumière. »

    Léonard de Vinci

  • "Même Soleil fut soumis à la puissance d'Amour, qui féconde tout de sa lumière éclatante."

    Ovide, Métamorphoses.
    (Un terroriste peut-il, finalement, s'ouvrir à la gentillesse ? Il faudrait qu'il bavarde avec un philosophe confirmé...)

  • Il ne fait donc plus aucun doute que les américains ont élu un dingue. Soit. Pourtant, dans les 3 favoris en France, on trouve une fasciste et un délinquant (qui, plus grave encore, ne se rend même pas compte du problème). Comme quoi, c'est toujours chez l'autre qu'on identifie la folie ...

  • Cette violence qui s'exhibe à toutes les strates de tous les "milieux" (quel que soit le sens - ethnique, culturel, social - qu'on donne à ce mot) me rend malade.
    Je ne suis pas né pour haïr et mépriser.

  • Le "commentaire compulsif" n'est pas indispensable.

  • Puisque sur skyrock tout est compris de travers je précise qu'il s'agit d'ironie !
    "On dira ce qu'on voudra mais un programme comme celui de Fillon répond enfin à l'angoisse de tous ces gens qui sont confrontés, chaque jour, à l'excès de fonctionnaires. Tous ceux qui ont été mal soignés par un personnel hospitalier pléthorique, mal éduqués par la surabondance des enseignants, victimes d'erreurs judiciaires parce que les juges étaient trop nombreux, mis en danger par la quantité de policiers. Ils sont des millions, il fallait les entendre."

  • Mais pourquoi ne pas se laisser aller à rêver à autre chose ?

  • "Le canot de l’amour s’est brisé contre la vie courante.
    Je suis quitte avec la vie.
    Inutile de passer en revue les douleurs, les malheurs, et les torts réciproques. Soyez heureux."

    Lettre de suicide de Vladimir Maïakovski

  • L'Univers serait bien triste et sans aucun intérêt, comme l'est déjà le football, alias l'opium du peuple numéro 2 !

  • Je n'aime pas les personnes avec un doctorat qui se comporte comme s'ils avaient un QI de 50 en étant en plus arrogants....ça m'agace !

  • https://arxiv.org/pdf/1607.07589.pdf
    Sur skyrock, évidemment, personne ne comprend...... Quel dommage.

  • Au siècle dernier, nous avons appris que nous étions les enfants des étoiles. Aujourd'hui nous sommes en train de réaliser que nous sommes les enfants du vide...

  • Ménagerie. Vieux gorille. Débile. Détruit. Posé.

    Hilarités humaines. Grimaces. Hilarités. Canettes de bières, cigarettes, chewing-gums jetés au « gros macaque ». Hilarités. Attente de la bourde. Hilarités. Espoirs d’une chute, d’un raté, d’un heurt. Hilarités. Postures triomphales ou provocantes, pour la photo, devant la bête. Hilarités.
    Déception : apathie simiesque, vivant mourant, avachi, indolent, déglingué. Chemins passés. Hilares, quand même, parce que là pour ça. Plus loin, les fauves à moquer. Ridicules, forcément.
    Le regard du gorille, pourtant, n’était pas absolument éteint. On observait – eux, les voyeurs-jouisseurs – ses poils, ses narines, son sexe. Evidemment. Pourtant : regard figé, fixé, rivé. Moins happé ou subjugué que suspendu. Vissé à cette minuscule tuile manquante sur le toit sombre. Attaché à un atomos de ciel. Sans désir ? Déjà mort mais pas encore absent.

    Dans ce regard, il y a le palimpseste crasseux de l’humanisme. La face pourrie de l’homme-dieu. La folie machinique de Descartes, la hargne froide de Malebranche. La catastrophe christique. Il y a la tendresse étonnée des anciens, sacrificielle, peut-être, mais adressée. Le végétarisme militant de Pythagore, l’égalitarisme ontique si légèrement saupoudré par Plotin. Le temps où les dieux, les hommes et les bêtes se pouvaient penser dans une continuité communielle. Il y a la stupidité lancinante de l’inévitable reproche « anthropomorphique » à ceux qui compatissent. L’interdite empathie. Insupportable ritournelle. Il y la stridence ornithique improbablement apprivoisée par Messiaen. Les hybridations chimériques de Chagall. Il y a le sidérant cynisme kantien – amendé ou déployé par Fichte – qui ne récuse les tourments infligés aux animaux qu’au titre de l’atteinte que ces violences porteraient à… l’humanité ! La vacuité que Hegel décèle dans les voies animales. La privation de Dasein martelée – évidemment – par Heidegger. Déréliction. Il y a l’étrange tendresse de Schopenhauer, surgit miraculeusement d’un déluge d’invectives. Il y a ce pouvoir de les nommer que Yahvé accorda à Adam après l’avoir exhorté à les dominer. Il y a la raillerie bégayée – parade préventive – contre l’estime des bêtes qui nuirait à celle des hommes. L’inchoatif de compassion écrasé avant d’éclore. Il y a le vieux Levy-Strauss et cette proximité animale qui ne pouvait pas ne pas se dessiner aux linéaments de la structure. Il y a le terrier de Kafka, l’animal humain de Bacon, les cadavres de Soutine. Il y a les mondes de von Uexküll où la tique démiurgique crée son univers propre. Umwelt goodmanien. Il y a la comparaison interdite de Primo Levi que seul ou presque, et pour cause !, il pouvait s’autoriser. Qu’il ne faut pas faire pourtant : parce que rien n’est jamais comme. Parce que comme est toujours une insulte. Il y a la connivence entre capitalisme et violence aux vivants, Döblin et sa monstration du lien organique entre omnipuissance du marché et réification. Il y a le nominalisme foucaldien et l’évanescence du visage-de-l’homme juste esquissé sur le sable. Il y a cette peur récurrente, obsessionnelle, inextinguible, de leur reconnaître le pouvoir de souffrir, le pouvoir de pouvoir souffrir. Déni de douleur et déni du déni de douleur. Il y a les devenirs animaux de Deleuze et Guattari. Le sortir du mimétisme, la meute, la multiplicité. Il y a l’éthologie, Franz de Waal, les primates, leur histoire, leurs histoires, leurs affects, leurs percepts, leurs symboles, leurs outils, leurs imaginaires, leurs désirs, leurs angoisses, leurs érotiques. Les nôtres donc. Il a le cynisme narquois de Wolf. Ce petit rire moqueur, ce petit rictus mesquin, qui évite de faire face à la barbarie. Il y a la fourmi de Nietzsche, la perfection relative des vivants et l’illusion téléologique. Il a l’ambiguïté de Spinoza, son axiomatique délicieusement subversive, même si… Il y a l’apologétique augustinienne qui assure, qui assène, qui assomme : peu importe qu’ils souffrent ou non. Peu importe. La question est erreur. La faute est la question. Il y a le courage de Derrida : les animaux, les animots, au pluriel (plus d’un…), forcément. Il y a cette interrogation éructée à la face de Levinas : et ce visage là ? La primauté éthique, l’exigence de sainteté… qu’en faites vous avec ce visage là ? Il a la brutalité de l’indifférence à la différance. Il y a l’intensité rilkienne, l’élégie magique où le regard animal, seul, bien sur, accède à l’ouvert. Il y a la saisissante conscience de Hogarth, sa mise en toile d’une cruauté qui n’est pas qu’annonciatrice. Il y a l’intelligence pointue d’Elisabeth de Fontenay, résonance raisonnée d’un contact philosophant avec les « bêtes au bois dormant ».

    Il y a surtout beaucoup moins que ce magma confus. Un moins-dit, un moins-loin, un moins-fait. Non pas une inscription ou une excription : une acription. Un autre part des mots qui ne s’atteint pas par un sortir. Très exactement : une singularité. Événement qui déchire l’ordre du plérome. Un immiscé. Un en deçà évanescent. Une défondation séminale. Singulière – aconceptuelle – émergence. Une éradication judicative. Plus un singe-ancêtre, ni un singe-cousin, ni un homme-singe, ni un singe-homme. Une expérience duale. Un dyadisme premier et indivis. Quelque non-chose qui s’apparenterait à ce que Badiou nomme amour : l’à-partir-de d’une altérité. Porosité définitoire. Entrelacs d’avant le lien. Déprojection. Désujétion.
    Il ne s’agit pas de faire un monde avec un singe. Tout peut faire monde. Mondes immondes. On peut – on doit – les faire proliférer. Ils pullulent. Multivers. L’authentique singularité c’est ici, justement, son universalité. Penser cet insupportable, cette souffrance inouïe, ce silence assourdissant, cette absence abjecte, dans tous les mondes. Choisir de ne pas s’y soustraire. Entendre l’anaphore obsédante du non-dit. Introduire une viscosité, presque une rugosité, dans le flux nauséeux.
    Ce n’est pas primitivement une honte. Ça n’a rien d’une honte principielle. Honte de pouvoir dire, comme les hilares. Honte d’être un parlant muet. Honte mêlée, comprimée, implosée : des abattoirs, des surnuméraires jetés dans les labos, des testés, gavés, fardés à en crever pour nos décors, des mutilés, écorchés, émasculés, brûlés, troués, saignés, démembrés, arrachés, étouffés, pour égayer les repas, des transportés, piétinés, blessés, ravagés, nés-massacrés, des juste comptés. Bien sûr. Il y a ça. Il y a ça et toutes les variations possibles – avec fioritures ! – sur le thème toujours plus actuel de la jouissance absolument libre et légère de la totalité des plaisirs possiblement procurés par l’usage strictement inconditionné et illimité de la bête-objet. Animal objectal. Objecté. Objectif. Mais ce n’est pas essentiellement ça.
    Singularité de ce pénitencier sans pénitent. Vacuité propagée. Asile désempli. Cages s’éventrant. Flots turbulents. Souffles emmêlés. Devenirs exhalés.
    Se faire aire, se faire âme, a̋nemos, anĭma, animal.
    Il n’y a plus de regard du singe (qui ne me regarde pas (qui a cessé de regarder (qui s’est tu de l’½il))). Il y a ma cécité rassasiée. Mon voir-singe aveuglé. Une suspension étrange, étrangère. Un silence carnassier. Une éblouissante absence qu’on voudrait voir détruire la ménagerie. On ne voit plus rien d’ailleurs. On vit avec. Ou pas.
    Cette entrée a été publiée dans 2016, Cahier, et marquée avec animal, aurélien barrau, le 21 juin 2016 .

  • Bon … Je vais encore me faire des ennemis, ce qui n’est pourtant vraiment pas ce que je cherche, bien au contraire, puisque loin d'une provocation il ne me semble exprimer ici que des évidences.

    En quelques phrases donc … Oui, je suis catastrophé pour les victimes de Nice et leur familles (il n'y a rien à excuser, rien à comprendre). Et, oui je suis - même aujourd'hui - également catastrophé pour le même nombre d’enfants qui sont morts de faim dans les 5 dernières minutes (alors que nous avons les moyens matériels d’endiguer cette faim), pour le même nombre de SDF qui sont (en moyenne) morts en France dans la dernière semaine, pour le même nombre de civils innocents tués (en moyenne) aujourd’hui par les drones occidentaux, pour le même nombre de réfugiés (en moyenne) morts noyés dans les derniers jours face à nos portes closes …
    Oui, je suis effondré par la mort. Mais, pardonnez-moi braves gens, je ne suis ni plus ni moins effondré par les morts locales dont nous (quel que soit le sens de ce nous) sommes victimes que par les morts lointaines dont nous (même réserve) sommes responsables (je ne parle pas de culpabilité religieuse mais de cause politique claire).

    Mon indignation n’est pas sélective, pas patriote, pas rassurante, pas communautaire. Pardonnez-moi, braves gens.

  • Ressenti paradoxal. Les scènes de liesse populaire me sont plutôt sympathiques et les ambiances d'allégresse générales aussi. Mais les drapeaux français qui fleurissent partout me font littéralement frémir. (Pardonnez-moi, braves gens, je suis de la mauvaise herbe ...) Et l'idée d'entendre la Marseillaise entonnée ce soir en coeur, dans tout mon quartier, sur un ton très "guerroyant" (c'était vraiment cela qui transparaissait lors des derniers matchs : à 5-1 contre l'Islande, il ne s'agissait plus de soutenir ceux qu'on aime mais d'écraser les autres) alors que les combats essentiels que nous pourrions mener laissent indifférent, c'est terrible. Impression paradoxale, donc. Soutenir une équipe, pourquoi pas. Mais certainement pas parce que ses joueurs sont nés dans le même périmètre étatique que le notre. Ca, jamais pour moi. Le patriotisme aveugle est une gangrène.